Le groupe américain menace de ne plus distribuer sur sa
plate-forme iTunes les morceaux des majors au Royaume-Uni, si elles
n’alignent pas leurs prix sur ce qui est pratiqué ailleurs en Europe.
La Commission européenne est satisfaite de cette décision.
Apple se dit prêt à baisser, d'ici à six mois, le prix des
morceaux sur sa plate-forme iTunes Store, afin de proposer une
politique de tarification harmonisée aux consommateurs européens. C'est
la réponse du groupe américain aux griefs communiqués en avril 2007 par la Commission européenne.
« Apple doit actuellement payer plus cher certaines maisons de
disques pour distribuer leur musique au Royaume-Uni, qu'il ne le fait
pour distribuer les mêmes morceaux ailleurs en Europe », explique la firme de Steve Jobs,
qui va donc mettre la pression sur ses partenaires. Elle se dit prête à
« reconsidérer ses partenariats au Royaume-Uni avec tout label qui
n'accepterait pas d'aligner ses prix de gros sur ceux pratiqués
ailleurs en Europe d'ici à six mois ».
« Il s'agit d'une étape importante pour la
création d'une place de marché paneuropéenne pour la musique », se
réjouit Steve Jobs dans un communiqué. « Nous espérons que chaque
grande maison de disques aura une vision paneuropéenne sur la question
des prix. »
La Commission européenne, de son côté, se dit satisfaite de cette proposition :
« Cela met un terme au traitement différent que subissaient les
consommateurs britanniques, qui doivent payer plus chers pour
télécharger de la musique. » Les téléchargements de musique via iTunes
au Royaume-Uni sont actuellement plus chers de 10 % que dans le reste
de l'Europe, note Bruxelles.
Pas encore de libéralisation totale en vue
Un morceau coûte 79 pences sur l'iTunes Store UK (soit 1,055
euro au taux de change d'aujourd'hui), contre 99 centimes d'euro dans
tous les autres pays européens où Apple gère sa plate-forme (Autriche,
Belgique, Danemark, Allemagne, Finlande, France, Grèce, Italie,
Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Suisse, Suède et
Espagne).
En revanche, le groupe américain ne modifiera pas en
profondeur le fonctionnement d'iTunes Store en Europe, qui impose, par
exemple, à internaute français d'acheter sur la version française et
pas sur son équivalent étranger. Pour cela, Apple vérifie le lieu de
résidence des clients à travers leurs informations bancaires.
« L'enquête antitrust menée par la Commission européenne a
montré que les accords entre les majors et Apple ne déterminent pas la
façon dont l'iTunes Store est organisé en Europe », indiquent les
services de la concurrence. « La structure de l'iTunes Store a été
choisie par Apple pour prendre en compte les spécificités de chaque
pays concernant les lois sur le droit d'auteur. »
Bruxelles n'a donc pas de raison de sanctionner Apple à cause
de ce système ; la Commission se déclare en faveur de « solutions qui
permettraient aux consommateurs d'acheter via l'iTunes Store sans
aucune restriction, mais est consciente que certaines maisons de
disques, éditeurs ou encore sociétés de gestion collective délivrent
toujours des licences qui peuvent compliquer la tâche d'Apple pour
rendre ses plates-formes accessibles aux internautes quelle que soit
leur localisation ».
La question des licences paneuropéennes fait d'ailleurs partie des chantiers sur lesquels les fonctionnaires de Bruxelles planchent actuellement.
Source zdnet