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vendredi 25 juillet 2008

Vladimir Poutine décidé à mettre l'industrie russe au pas

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine à Severodvinsk le 11 juillet 2008.                

                Alexey Druzhinin AFP/Archives   ¦ Le Premier ministre russe Vladimir Poutine à Severodvinsk le 11 juillet 2008.

 

«Je pense qu’Igor Vladimirovitch devrait guérir au plus vite. Sinon, il faudra lui envoyer le docteur pour nettoyer tous ces problèmes.» Depuis le démembrement du géant pétrolier Ioukos, et l’emprisonnement de son dirigeant Mikhaïl Khodorkovski, les hommes d’affaires russes savent ce que pèsent ce genre de phrases dans la bouche de Vladimir Poutine.

A l’occasion d’une réunion du gouvernement qui lui était consacrée jeudi, le Premier ministre russe a vivement critiqué le dirigeant d’un des géants russes du secteur metallurgique, Metchel, l’accusant d’avoir dissimulé des profits au fisc en exportant du minerai de coke en-dessous des prix du marché. Igor Ziouzine, PDG et principal actionnaire du groupe, s’était fait porter pâle, officiellement pour maladie.

Poutine a prévenu: il s'intéresse à l'économie nationale

Mal lui en a pris: suite aux déclarations du dirigeant russe, l’action de Metchel a perdu en une seule journée 38% à la bourse de New York, soit une chute de plus de 5 milliards de dollars de sa valeur boursière. Vladimir Poutine ne s’est pas arrêté là et a demandé au Parquet général et au Service fédéral antimonopole – déjà saisi de la question – de s’intéresser de plus près à Metchel.

Du jamais vu depuis l’affaire Ioukos – et ce n’est pas par hasard. A son entrée en fonction, le Premier ministre avait promis de se détourner de la politique internationale – et donc de ses acteurs économiques comme Gazprom – pour se concentrer sur l’économie nationale. Première cible logique: le secteur métallurgique, devenu capital depuis que les prix mondiaux de l’acier et d’autres métaux atteignent des records.

Se tenir loin de la politique n'est plus suffisant

C’est Igor Setchine, leader officieux des «siloviki», ce clan politique issu en majorité de l’ex-KGB, et passé avec Vladimir Poutine de l’administration présidentielle au gouvernement, qui s’est collé au problème. Début avril, des géants énergétiques dont la filiale pétrolière de Gazprom s’étaient plaints de l'augmentation des prix de l’acier qu’ils jugeaient artificielle. Fin juin, le vice-Premier ministre Setchine a donné un mois aux différents acteurs de la branche pour régler la question.

Le fouet est retombé sur Metchel, qui selon les informations du quotidien économique Vedomosti, aurait contribué à l’inflation des prix en jouant de sa position dominante sur le marché de l’extraction du charbon et de la coke. S’assurant de solides bénéfices en exportant ce minerai, les dirigeants de Metchel ont négligé les entreprises nationales et c’est ce qui lui coûte un tel redressement, affirme Vedomosti.

La plupart des experts évitent cependant pour l’instant de prédire à l’entreprise un destin à la Ioukos: Mikhaïl Khodorkovski a été emprisonné pour avoir voulu s’opposer politiquement à Vladimir Poutine. Ici la mise au pas semble strictement économique. Les capitaines d’industrie sont désormais prévenus: il ne suffira plus de se tenir loin de la politique, il faudra aussi suivre les règles économiques imposées par le gouvernement.                 

                  
De notre correspondant à Moscou, Emmanuel Guillemain d'Echon            

20Minutes.fr, éditions du 25/07/2008 - 18h58

Source 20Minutes.fr
                  

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mercredi 23 juillet 2008

Va-t-on vers une nouvelle crise des missiles entre Washington et Moscou?

Un bombardier Tupolev TU-160 au salon d’aviation MAKS-2007 à Zhukovsky vers Moscou

REUTERS/Denis Sinyakov   ¦ Un bombardier Tupolev TU-160 au salon d’aviation MAKS-2007 à Zhukovsky vers Moscou

 

La Russie pourrait envoyer ses bombardiers, capables de transporter des armes nucléaires à Cuba, selon le quotidien «Izvestia», proche du Kremlin, réveillant le souvenir de la crise des missiles de Cuba de 1962. Le point sur la situation.

Rumeurs ou vraie info?
Une «source militaire et politique» aurait confirmé, à l’agence russe Interfax, que des bombardiers stratégiques russes pourraient faire escale à Cuba pour se ravitailler lors de patrouilles au-dessus de l’Atlantique, ajoutant que des spécialistes russes avaient déjà effectué une mission de reconnaissance. Mais il n’a pas précisé si la Russie allait rouvrir une base à Cuba ou utiliser une base cubaine pour ses escales. Un porte-parole du ministère russe de la Défense a refusé tout commentaire à ce sujet, sans réfuter l’information. La Maison Blanche a également refusé de commenter ces informations.

Quelles peuvent être les raisons derrière une telle annonce?
«Pendant qu’ils déploient le bouclier anti-missiles en Pologne et en République Tchèque, nos bombardiers stratégiques seront déjà entrain d’atterrir à Cuba», a affirmé cette source. Le déploiement de bombardiers serait donc une réponse à la décision d’installer des boucliers anti-missiles américains en Europe de l’Est, l’un des principaux facteurs de tensions entre Washington et Moscou, qui y voit une menace directe.

Les bombardiers stratégiques, qu’est-ce que c’est?
Les Tupolev (Tu-160 et Tu-95) peuvent transporter des bombes nucléaires et peuvent déjà techniquement patrouiller près des côtes américaines à partir des bases russes. Longtemps mis au placard, ils ont repris leurs vols en 2002 après une décision du Président de l’époque, Vladimir Poutine. Ils ont d’ailleurs survolé un porte-avion américain dans l’Océan Pacifique en début d’année.

Y a-t-il un risque d’escalade?
Certains experts russes ont rejeté le risque d’une nouvelle crise des missiles. Un spécialiste militaire indépendant, Alexander Golts, a déclaré au «Washington Post» que ce n’était qu’une «stupide guerre psychologique. Poutine et Medvedev sont très agressifs dans leurs paroles mais très prudents en pratique.»
Les Américains prennent pourtant ces rumeurs très au sérieux. Le nouveau chef d’Etat-major de l’Armée de l’Air a d’ailleurs indiqué qu’une telle décision reviendrait à franchire «une ligne rouge pour les Etats-Unis».

La crise des missiles de Cuba de 1962
Ces informations rappellent la crise de 1962, en pleine guerre froide, quand les Etats-Unis et l’Union Soviétique ont été pendant 12 jours au bord d’une guerre atomique après le déploiement de missiles nucléaires soviétiques à Cuba. Au final, l’URSS a accepté de retirer ses missiles en échange de la promesse secrète des Etats-Unis de retirer leurs missiles basés en Turquie. Vladimir Poutine a d’ailleurs souvent utilisé la menace d’une nouvelle crise des missiles pour faire monter l’opposition contre le bouclier anti-missile.

                                                       

REUTERS/Denis Sinyakov   ¦ Un bombardier Tupolev TU-160 au salon d’aviation MAKS-2007 à Zhukovsky vers Moscou                    

                  
Kéthévane Gorjestani

Source 20Minutes.fr          

                  

 
                        20Minutes.fr, éditions du 23/07/2008 - 15h55                  

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